Un sacré anniversaire : 25 ans de greffe. 1/4 de siècle que je vis grâce à ma mère qui m'a donné la vie pour la seconde fois, en 1984.
J'ai bien sûr regardé, hier soir, l'émission de France3, "Sauvez des vies".
Tout ce qui se disait était très bien et parfois même, j'avais les larmes aux yeux.
Mais à la fin de l'émission, le Docteur Corinne Antoine, néphrologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris, a donné des informations qui, pour nous, sont inexactes.
Elle dit au sujet des donneurs vivants :
"... on les suit ... un registre est tenu... ils ont un bilan annuel...".
Je peux témoigner que non, ce n'est pas vrai puisque ma mère n'a jamais été suivie depuis le jour où l'équipe de l'hôpital de Brest lui a prélevé un rein.
Nous n'avons jamais entendu parler d'un registre de donneurs vivants.
Cela se fait sans doute à l'hôpital Saint-Louis mais en tout cas pas à l'hôpital de Brest.
Ce registre, à ma connaissance, n'existe pas.
Ma mère était le premier donneur vivant à l'hôpital de Brest : est-ce que cela s'oublie ?
Je profite de cet article pour rendre hommage au Docteur Bernard Bourbigot, sans qui tout cela n'aurait pas été possible.
Le Docteur Bourbigot est arrivé au CHU de Brest aux débuts des années 80 pour ouvrir une Unité de Greffe Rénale.
C'était son combat : améliorer la qualité de vie du plus grand nombre de dialysés.
Son métier de médecin était sa vie.
Le Docteur Bourbigot a travaillé jusqu'à ses derniers moments pour encore et toujours améliorer la qualité de vie de ses patients sans jamais montrer que lui aussi
se battait pour vivre. Une longue maladie a eu raison de son courage. Il nous a quitté fin 2007.
Merci Docteur Bourbigot.
Et grâce à lui, en 1984, j'ai bénéficié d'une greffe rénale familiale.
Il était temps, j'étais devenue "un légume", les médecins m'avaient donné 3 mois.
Ma mère et moi étions compatibles autant que l'auraient été 2 soeurs jumelles.
Aujourd'hui, Maman se porte bien et j'en suis très heureuse. Car il faut le dire, après l'opération d'un don de rein, le donneur souffre beaucoup et pendant un
temps assez long.
Pour enlever un rein, les côtes sont soulevées, puis le rein est enlevé et les côtes sont alors remises à leur place.
Et c'est cela qui est difficile pour le donneur après l'opération ; déplacer des os, ce n'est pas rien.
Ma mère est une mère courage et elle mériterait une médaille pour avoir sauver une vie, ma vie, la vie de son enfant.
Merci Maman
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